mercredi 26 avril 2017

L'été Diabolik de Smolderen et Clerisse

Une couverture bleue qui attire l'œil, un dessin stylisé qui avait tout pour me plaire, une belle couverture avec du relief, des pages épaisses et des couleurs qui éclatent, voilà ce qui m'a attiré vers cette bande dessinée qui sort de l'ordinaire. 
Il y a aussi eu les billets de quelques blogueuses qui étaient tous plutôt enthousiastes. 
Il ne m'en fallait pas plus pour céder à la tentation. 

Et j'ai bien fait car L'été Diabolik a tenu toutes ses promesses !

Alors qu'il vient de gagner un tournoi de tennis, Antoine voit son père agressé par le père de son adversaire. 
Cet incident aurait pu être anodin s'il n'avait donné lieu à une série d'évènements qui vont aboutir à la disparition du père d'Antoine et à la mort de plusieurs personnes. 

Le résumé est rapide, mais il serait dommage de trop en dire. 
Dans cet album se mêlent les errements de l'adolescence, les regrets des adultes et une pointe d'espionnage digne de cette époque de guerre froide. 
L'histoire est censée être racontée par Antoine qui fait un récit en deux parties. 
Il revient d'abord sur cet été si étrange qui l'a marqué à vie et raconte qu'il a ajouté la seconde partie après avoir eu de nouvelles informations concernant ce qu'il s'est réellement passé. 
La première partie est vraiment bien tournée, avec des personnages auxquels on s'attache, des gamins qui découvrent la vie et qui font des erreurs. 
La seconde est plus factuelle, expliquant les évènements les uns après les autres en dévoilant qui était réellement le père d'Antoine.
Cela nous replonge dans une époque où le rideau de fer planait telle une menace que les Américains tenaient à surveiller absolument. 

Graphiquement, c'est aussi un très bel album. 
Je suis toujours sensible aux propositions un peu originales dans la bande dessinée de ces dernières années, et là, c'est clairement différent de ce qu'on a l'habitude de lire. 
On adhère pas forcément à ces couleurs vives et au dessin des personnages, mais les allusions à Mondrian dans le dessin d'une robe ou les couleurs d'une maison, les applats de couleurs, les ombres qui se détachent sont vraiment réussis. 
L'histoire est censée se dérouler au pays Basque, et l'on retrouve ces paysages de mer et de côtes dans certaines planches vraiment très jolies. 

C'est donc une belle découverte pour un album que je vais garder précieusement dans ma bibliothèque et que je vous conseille si cette originalité vous tente.















dimanche 23 avril 2017

Bento, lunch box et autres boites à déjeuner 🍱🍙🍣

En ce dimanche, je vais vous épargner un sunday mood qui risquerait d'être vraiment trop morose pour apparaitre ici.
La semaine de reprise a été bien loin de ce que j'espérais à tout point de vue et celle qui s'annonce ne sera pas plus enthousiasmante.
Passons donc plutôt à un petit livre de cuisine qui me plait bien en ce moment et qui correspond à ma non-envie de cuisiner actuelle.




C'est assez rare chez moi, et cela correspond toujours à des périodes vraiment maussades, mais depuis quelques semaines, je n'ai plus du tout envie de cuisiner.
Monsieur est passé en cuisine, et c'est très bien comme ça.
Pourtant, cette année, j'étais bien décidée à ressortir mes bentos et autres boites à déjeuner pour manger un peu mieux au bureau.
Mais finalement non.
J'achète une salade ou un plat le matin en passant à la supérette, et zou, je l'avale en discutant sans même y penser et je retourne devant mon ordinateur.




Du coup, quand j'ai vu ce livre dans les dernières publications de Terre Vivante, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de me bouger un peu la casserole.
Et puis cette auteure, Marie Chioca, propose toujours des recettes saines et bonnes, avec de belles photos dans ses livres de cuisine.
Celui-la ne fait pas exception et s'intitule Je mange sain et bio, même au boulot ! 
Tout un programme, n'est-ce pas ?




Comme je ne cuisine pas, je me suis laissée aller à préparer une petite "Detox water" rapide et efficace.
On prend une bouteille, on met des morceaux de fruits, des feuilles de menthe ou de basilic, ou de verveine citronnelle...
On met au frigo et au bout de quelques heures, tout a infusé.
Ici, il y avait des fraises, de la menthe et de l'orange sanguine.
C'est bon, rafraichissant, et on peut mettre de l'eau gazeuse aussi.




Mais dans le livre, vous trouverez plein de recettes de salades, de wraps, de sandwichs, de rillettes...
Des supers idées pour les pique-niques de cet été ou pour changer un peu de la routine !








Je voulais vous parler aussi "bento" puisque c'est le mois japonais, mais finalement, voilà juste un livre pour préparer les contenus de vos boites à lunch.
Et c'est déjà pas mal.
Si vous voulez voir des bentos, il y en a plein sur mon ancien blog par ici.

Et quand je vous dis que c'est une sale semaine, je ne vous mens pas. 
Pour faire les photos, j'ai ressorti ma lunch box népalaise adorée préférée, celle où je mets les salades de printemps et d'été, celle qui s'adapte à tout et que j'aime d'amour. 
Et bien vous voyez, là, la cassure sur le bol du bas ? 
Je suis absolument désespérée !! Ma boite préférée est cassée !!!!!!! 
Non mais sérieux ? De l'alu ? Comment cela a-t-il pu arriver ? 
Je ne sais même pas quoi faire pour que cela n'empire pas. 
Je suis dégoutée 😩 (et pas prête d'aller au Népal pour en trouver une autre 😞)










mercredi 19 avril 2017

La collection jeunesse Audiolib 📚🎧

En ce moment, malgré les vacances qui viennent de s'achever, il n'y a pas beaucoup de lecture par chez moi, alors je me suis dit que j'allais en profiter pour vous parler d'une nouvelle collection de livres audio.
Et puis on est mercredi, c'est parfait pour parler des petits !

Comme vous le savez, les livres audios, j'adore.
J'ai vraiment pris goût à ce support de lecture et pendant les périodes où je prends souvent le train, c'est parfait.
Je sors mon crochet, je mets mes écouteurs et hop, je ne suis plus là.
Souvent, je garde même les écouteurs en sortant du train et je reste plongée dans mon livre jusqu'à chez moi ou jusqu'à la porte de mon bureau.




Mais le seul truc un peu pénible avec les livres audios, c'est qu'on ne trouve pas le même catalogue en format papier et en audio.
Je rêve notamment de pouvoir écouter les Anne Perry, mais non, il va me falloir les lire (et c'est tant mieux pour ma PAL qui en contient quelques uns).




Et pour les livres pour les ados et les jeunes lecteurs, c'est encore plus difficile.
Jusqu'au mois dernier, on en trouvait quasiment pas en français. 
Mais Audiolib a eu la bonne idée de créer toute une collection pour le jeune public avec des livres plus courts et un catalogue varié que vous pouvez voir ici






On pourrait se dire qu'il faut que les jeunes lisent, qu'ils s'habituent à lire un texte long, à tenir un livre, que c'est un savoir-faire important. 
Certes, mais il y en a qui ont du mal avec la lecture et on peut aussi se dire que la découverte d'un texte en version audio leur permettra de reprendre confiance en eux en parvenant au bout d'un texte. 
Et puis les écouteurs sont devenus des objets quotidiens pour les ados et les plus jeunes, alors autant qu'il y ait de bons bouquins dedans !! 

J'en ai reçu trois dont je vous reparlerai dès qu'ils seront lus. 
La bibliothécaire dure 3h20, ce qui devrait être écouté en un aller retour en train. 
Pour les Petites reines, roman adoré sur la blogo, il faudra 6h15, et pour Miss Peregrine, celui que j'ai vraiment envie de lire, il me faudra 8h40. 

Rendez-vous dans un mois pour les billets...






dimanche 16 avril 2017

Sunday mood de Pâques 🍫🐰🐔

Ce soir se terminent les vacances de Pâques...
Il reste encore un petit lundi férié mais il sera studieux comme un lundi habituel.




Ces deux semaines sont passées à une vitesse folle et ne se sont pas passées comme prévu.
Alors que ma liste de choses à faire était interminable, j'ai commencé par passer 10 jours sur un dossier important mais franchement pénible à écrire, sans compter qu'il y avait un soleil magnifique à l'extérieur.
Une fois terminé, je l'envoie à mes collègues pour correction et là, tout le monde me répond "désolé, je suis en vacances".
D'un seul coup, j'avoue, j'ai perdu toute motivation pour travailler.
J'ai rangé ma maison, j'ai fait la cuisine, j'ai dormi, j'ai regardé Vaïana (plusieurs fois...)...
Mon cerveau refusait obstinément de travailler.
Depuis jeudi, j'essaie de m'y remettre, mais c'est laborieux.
Il va pourtant bien falloir.




Mais le ménage, c'est bien aussi, ça permet de faire de la place dans sa tête.
Et puis j'ai enfin trouvé une étagère qui me plait assez pour prendre place dans mon salon.
Il y avait un petit coin en bazar, une étagère qui devait être fixée au mur mais je n'avais plus envie de faire des trous.
J'ai tout démonté, et hop, une virée chez le Suédois (je l'aime un peu trop celui-là mais difficile de faire sans pour un prix équivalent).
Mes livres de cuisine ont enfin trouvé leur place, et quand il y a du monde, on peut même ranger tous les Sylvanian qui habitent dans le salon.
ça n'a l'air de rien, mais le salon se transforme en chambre d'amis parfois, et c'est quand même mieux quand il est rangé.




Les vacances se terminent donc devant mon ordinateur, mais avec une maison ordonnée (ou plutôt qui peut l'être).
Si je vois le bon côté des choses, les cours de la fin du semestre se prépareront comme d'habitude, la veille, les copies sont corrigées, les sujets d'examen sont prêts.




Et on a un stock de chocolat 😬
Enfin, un tout petit stock cette année (j'ai caché le chocolat des deux gros oeufs Kinder...).
J'essaie de protéger un peu les dents de ma demoiselle et j'ai plutôt rempli les oeufs de Petits Poneys et autres babioles (c'est par là).





Bonne soirée, 
bon lundi de Pâques 

et 

Joyeuses Pâques !!! 






vendredi 14 avril 2017

Capitaine Marleau 🎬

Il y a des petites séries qui sont meilleures que les autres, des séries qui ne payent pas de mine, mais qui sont drôles et bien fichues.
En voici une !




Capitaine Marleau est une série qui avait déjà été diffusée il y a quelques temps, mais j'avoue avoir manqué une bonne partie des épisodes.
Le peu que j'avais regardé m'avait tout de même beaucoup plu.
Quand j'ai vu que la série repassait avec des inédits, j'ai guetté les rediffusions sur Pluzz chaque semaine 😄 !

Et les épisodes sont toujours aussi bons !




Chaque semaine, le capitaine Marleau, alias Corinne Masiero, est confrontée à un crime.
C'est assez classique et elle utilise le bon vieux principe du pressage de témoin pour arriver à dénicher le coupable.
Mais l'essentiel n'est pas là.
Marleau est surtout très drôle.
Elle enchaine les bons mots, les réflexions rigolotes, elle parle avec un bel accent du nord, elle a un formidable don d'autodérision et tout ça est très rafraichissant.
Il y a sans cesse des clichés déconstruits (le gendarme qui ouvre la portière du capitaine, le médecin légiste intello, la montre qui s'arrête au moment du crime), elle ne se prend pas au sérieux et ça fait du bien.




Et puis chaque épisode voit apparaitre des guests stars comme Jean-Pierre Marielle ou Sagamore Stevenin pour cette semaine, Julie Depardieu la semaine dernière, ou encore Pierre Arditi pour celle d'avant.
Je soupçonne France 2 de ne pas les diffuser dans l'ordre, mais tant pis, c'est déjà super qu'ils aient eu l'idée de le rediffuser.

Si cela vous tente, il y a un joli épisode sur Pluzz en ce moment par ici et sinon, rendez-vous mardi pour un autre épisode...






lundi 10 avril 2017

Bonne copine…

© Kot
J’te l’avais dit qu’il y arriverait pas ! C’mec là, c’est une vraie planche pourrie, pas une que t’achètes chez Casto, non non hein ! Une que tu te récoltes sans le faire exprès, une qui t’explose dans les mains tellement elle est bouffée de l’intérieur.
Tu l’regardes là avec tes yeux de biche enamourée, t’en as tellement plein les mirettes qu’tu peux même plus les refermer !
Mais j’te l’dis moi, laisse tomber, lâche l’affaire, vas voir plus loin si j’y suis, tire-toi ailleurs !
C’type là, c’est embrouille assurée, les emmerdes plus plus plus.
Il peut rien foutre correctement, ça s’voit.
Il finit jamais rien j’suis sûre, c’est toujours comme ça avec ce genre de type.
Pis il doit même pas être capable de dire que c’est d’sa faute, c’est l’gars qu’a toujours le beau rôle, c’est jamais lui, c’est les autres.
Qu’est-ce qu’il t’a donné comme excuse, cette fois ? 
C’est un pote à lui ? C’est son chien ? non, attends, me dis pas. J’suis sûre que j’peux trouver.
Les types comme ça, j’les r’nifle à 100 mètres, j’les repère au fond des bois.
Faut pas compter sur eux, c’est la loose assurée.
T’aurais pas dû lui refiler, mais bon, en même temps, comme ça, c’est plié !
T’es sûre que la prochaine fois, faut trouver une autre poire.
Celle-là est blette, basta, dégueu, on oublie !

Enfin bon, en même temps, moi j’dis ça mais au fond, j’sais bien qu’t’en a rien à cirer d’mon avis.
J’vois bien qu’t’es accrochée et qu’y a plus rien à faire.
Tu résistes, tu t’débats mais c’est foutu, tu l’as dans la peau.
J’vois pas c’que tu lui trouves quand même.
Il est même pas beau. T’as vu son pif, là, et pis ses ch’veux, non mais sérieux, et comment y peut s’attifer pareil, ça d’vrait pas être permis.
M’enfin c’est comme ça, l’amour est aveugle comme dirait l’autre.
Tu pourras pas dire que j’t’avais pas prévenu, ça tu pourras pas.
Tu pourras quand même v’nir pleurer hein, si ça tourne mal, j’suis pas sans cœur non plus.
J’te garantis pas que j’pourrai fermer ma trop grande bouche, mais j’serai là.
Pis tu sais où m’trouver, j’bouge pas moi.
Y a bien trop longtemps que j’bouge plus… qu’on m’entend plus d’ailleurs non plus.
Troisième allée, emplacement 27. Un immeuble à l’horizontal. T’aurais pu m’mettre ailleurs, avec une jolie vue sur la mer ou un truc comme ça.
Mais j’te verrai moins souvent sinon. Et pis j’aime bien t’voir quand même, même si tu m’entends pas.
Ça t’fait des vacances d’pas m’entendre, remarque.

J’dis toujours autant de conneries, mais maintenant j’les garde pour moi.



La photo ne m'inspirait pas, et puis je suis en train d'écrire un truc pour le boulot et ce n'est pas passionnant (enfin j'espère qu'au moment où se publie ce billet, j'ai finis depuis trois jours...). 

Le besoin de compenser (ou de procrastiner) à été le plus fort et voilà.  

Bon lundi, 
et vous trouverez d'autres textes chez Leiloona.







jeudi 6 avril 2017

2e lecture de Petit Pays de Gaël Faye [Prix audiolib]

Pour la première fois depuis que je participe au prix Audiolib, la sélection comporte un roman que j’ai déjà lu en version papier.
Vous trouverez donc mon billet sur Petit Pays par ici, un billet très enthousiaste pour un premier roman vraiment réussi, même si, pour moi, il manquait un petit quelque chose pour en faire un roman parfait (mais c’est bien, cela permet de lire encore mieux quand il publiera le suivant).

Je relis peu les romans déjà lus, mis à part quelques classiques dont je ne me souviens plus.
Pour le reste, il y a tant à lire que l’attrait de la nouveauté surpasse tout (et surtout la taille de ma PAL m’appelle vers d’autres horizons).
Mais cela m’intéressait de voir comment Gaël Faye lisait son propre texte.
J’ai l’impression que ce n’est pas si facile de mettre son texte en voix, même si c’est son propre texte et qu’on l’entend dans sa tête.
C’est un métier de lire et de faire entendre et c’est très bien comme ça.
Il me semble toutefois que le cas de Gaël Faye est un peu différent car il est chanteur et est donc censé se débrouiller bien mieux que d’autres auteurs qui m’avaient laissé de marbre.
Et pourtant, je suis un peu restée en retrait, je l’avoue.
Mais je ne suis pas sûre que cela soit entièrement dû à la lecture de l’auteur.

Le texte reste le texte et si vous ne l’avez pas lu, vous serez sans doute bien plus réceptif que moi qui me suis concentrée davantage sur la voix de l’auteur.
Et cette concentration a fait que j’ai eu l’impression qu’il mettait du temps à entrer dans sa lecture.
Il est très en retrait au début du roman, très neutre, et puis le ton se pose au fur et à mesure et c’est plus agréable ensuite.
J’ai aussi regretté l’absence de distinction entre les pages en italique et les pages du récit qui sont au début du texte.
Dans le roman « papier », on voit bien la séparation et certaines de ces pages en italique qui parlent d’exil, de déracinement, de banlieue et d’intégration impossible m’avaient parues très belles.
Dans la version audio, elles passent un peu inaperçues et le ton monocorde de l’auteur qui lit n'a pas vraiment accroché mon oreille.
C’est dommage.

A l’inverse, j’ai été beaucoup plus réceptive aux scènes où la violence est sous-jacente.
Il y a dans ce roman un racisme latent entre blancs et noirs et entre noirs qui irrigue le roman dans toutes ses pages.
La fin est inéluctable, même si on voudrait y voir un petit havre de paix où peuvent vivre les blancs en bonne harmonie avec les noirs.
Il n’y a pas d’harmonie.
Les communautés s’entrechoquent en permanence dans un mélange qui ne veut pas se faire.
Cette deuxième lecture dont je connais l'issue a exacerbée cet aspect. 

En bref, je crois que mon ressenti tient beaucoup au fait que je l’ai déjà lu.
Du coup, il n’y a plus le charme de la nouveauté.
Pour le reste, c’est toujours un très beau roman, touchant et tragique, avec des images très fortes qui ne peuvent que rester en mémoire.
Gaël Faye se met doucement dans la peau de ce petit garçon, et c’est sans doute ce que ferait un narrateur qui se souvient de son passé.
Ne manquez pas également l’entretien à la fin de l’enregistrement.
C’est toujours très instructif. 

Et si vous voulez lire des avis plus enthousiastes sur cette version audio, n'hésitez pas à aller voir du côté de mes collègues du prix. 



http://www.audiolib.fr/prix-audiolib






mardi 4 avril 2017

Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue [Prix audiolib]

Voilà une petite gourmandise littéraire dont on n’a pas assez entendu parler à sa sortie !
J’avoue l’avoir vu passer sur quelques blogs en n’y jetant qu’un œil distrait, ce qui était une grossière erreur.
La littérature africaine est pour moi un vaste territoire inconnue, je l’avoue, et à part quelques auteurs qui écrivent en français, je n’y connais pas grand-chose.
Je crois avoir aussi des représentations un peu négatives, alors qu’à chaque fois que je m’y aventure, je tombe sur une pépite qui me plait beaucoup.

Grâce à son cousin Winston, Djendé a obtenu une place de chauffeur pour un grand patron de la banque Lehman Brothers.
Il conduit Mr Clark, sa femme et ses fils partout où ils le demandent et à toute heure pour un bon salaire qui va même leur permettre d’économiser un peu.
Il peut envisage sereinement l’avenir, même s’il faut rester prudent.
Depuis qu’il a fait venir sa femme et son fils, la vie est plus facile.
Nenni suit des cours à l’université pour devenir pharmacienne, le petit Liomi va à l’école et même si le mal du pays se fait parfois sentir, Djendé et Nenni ont des grands projets pour leur famille…

Mais il y a un « mais », vous vous en doutez.
Le début du roman a lieu quelques semaines avant la grande faillite de Lehman Brothers.
On s’attend donc à voir cet évènement changer les choses et faire basculer ce récit.
Et pourtant non !
L’auteure est bien plus subtile que ça.
Comme on s’en doute, le patron de Djendé passe entre les gouttes (ce sont toujours les petits qui trinquent) et ce n’est pas la crise qui va faire bouger la situation mais d’autres évènements,  comme un décalage inattendu alors qu’on croyait la tempête passée.
Du coup, la faillite et la crise passent à l’arrière plan et ne sont qu’à peine évoqués dans cette histoire, ce qui me convenait tout à fait.
La mention de Lehman Brothers et de la crise m’avait clairement fait fuir à la lecture des différents billets sur ce roman.
Je pensais lire un roman triste, un peu plombant sur la chute d’une famille riche et de son employé qui se retrouvent tous à la rue.

Or ce roman n’est rien de tout cela.
C’est un livre plein d’optimisme, de soleil, de petits bonheurs au début qui évolue vers un texte beaucoup moins léger sur la vraie vie et ce qu’elle nous réserve.
C’est un livre qui parle de nostalgie du pays, d’immigration, du poids du souvenir, de la culpabilité, de ce que l’on s’autorise à faire ou non dans sa vie, des relations humaines entre un patron et ses employés, entre deux conjoints, de l’image de soi, de ce qu’on dit à ses amis et de ce que l’on pense vraiment.
C’est aussi un livre qui invite à penser que tout ce qui nous arrive peut être transformé à condition de ne pas subir une situation.

La version audio sert parfaitement le propos.
Le lecteur YYY transmet toute la sonorité de l’écriture, les incises en pidgin, les voix des personnages et leurs sentiments.
On a l’impression d’être avec eux, de les entendre et de les voir vivre.
C’est un vrai beau moment qu’on passe en écoutant ce livre !

Si vous avez envie d’une belle lecture qui donne la pêche (enfin, un peu moins dans la deuxième moitié mais c’est beau quand même), d’un texte qui vous conduise doucement vers des sujets faussement légers, d’une lecture qui vous fasse réfléchir sur ce que devient notre société (et en ce moment, c’est vraiment d’actualité) et d’une autre vision de l’immigration, ce livre pourrait bien vous plaire.




http://www.audiolib.fr/prix-audiolib


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